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Au cours de son évolution, le
continent noir a connu la colonisation, l'esclavage et la
traite négrière aussi bien par les arabes au 7e siècle, que
par les européens au 15e siècle.
Si la colonisation arabe
(musulmane) fut plus longue, en revanche la colonisation
européenne (chrétienne) bien que plus courte, fut plus
violente entraînant toutes les deux une crise identitaire
grave, car ces colonisations étaient aussi religieuses.
Dans ces conditions, il est évident
que cette crise identitaire est beaucoup plus accentuée au
sein de la diaspora noire, ce qui explique le fait que les
concepts fondamentaux y sont nés et que la renaissance
viendra de là également.
Négritude
Durant des siècles de colonisation
religieuse, musulmans et chrétiens inculquèrent aux noirs le
rejet de ce qu'ils étaient, ce n'est qu'en 1935 qu'un noir
de la Martinique : Aimé Césaire revendique l'identité noire
et sa culture en inventant le concept de "la négritude",
qu'il définit ainsi : "La négritude est la
simple reconnaissance du fait d'être noir, et l'acceptation
de ce fait, de notre destin de noir, de notre histoire et de
notre culture". Ce qui était à cette époque une
véritable révolution !
Ce concept fut adopté peu de temps
après par d'autres intellectuels noirs comme Léopold Sédar
Senghor du Sénégal, et Léon Gontran Damas de la Guyane.
Le seul reproche que l'on peut
faire à ce concept, c'est qu'après des siècles de
colonisation religieuse son fondateur a pensé qu'une
cohabitation était possible entre notre spiritualité et
celle de nos colonisateurs. De ce fait, il n'a jamais prôné
ouvertement un rejet de la spiritualité du maître (lui-même
étant chrétien) ce qui perpétue notre esclavage mental,
puisqu'on se perçoit à travers la vision sémito-centrique du
maître.
Antillanité
Face à ce concept révolutionnaire
de la négritude, le pouvoir colonial se devait combattre
celui ci en le présentant comme raciste, Edouard Glissant un
autre noir de la Martinique qui était pourtant un adepte de
la négritude, inventa en 1960 le concept de "l'antillanité",
qu'il définit ainsi : "L'antillanité est une
identité ouverte et plurielle". C'est à cette époque
qu'il parla pour la première fois de processus de
"créolisation", le mot était lancé !
C'est à se demander, si "nos
intellectuels noirs" comprennent ce qu'ils écrivent ou ce
qu'ils disent ? En effet, voici les différentes définitions
du mot identité :
1) Caractère identique.
2) Caractère fondamental de quelque
chose, de quelqu'un.
3) Signalement exact, données
permettant d'individualiser quelqu'un.
Si j'en crois cette définition
comment une identité peut-elle être non seulement ouverte
mais plurielle ? La définition de l'antillanité témoigne
bien que nous sommes en face d'une pathologie chronique
grave, mais il y a encore plus grave avec la créolité comme
nous le verrons !
Afrocentricité
Dans le même temps un noir des
Etats Unis : Moléfi Kété Asanté invente à son tour le
concept de "l'afrocentricité" qu'il définit ainsi :
"Mettre l'Afrique au centre de nos
préoccupations". Notons que ce concept est connu
aussi sous le nom d'afrocentrisme et que cette idéologie
affirme que tout vient d'Afrique et par conséquent des
noirs.
Cette idéologie se moque bien
souvent de certaines données historiques, ainsi pour
certains la reine Cléopatre était une femme noire alors que
nous savons qu'elle était descendante de la dynastie grecque
des "Ptolémée", laquelle pratiquait des unions incestueuses,
par conséquent Cléopatre était blanche et non pas noire
comme les anciens égyptiens.
C'est ainsi qu'en 1965, Ben Ami
Carter décrète que les Hébreux étaient noirs alors que nous
en avons des représentations égyptiennes les décrivant de
race blanche.
Avec son groupe "les Hébreux noirs"
vous serrez surpris d'apprendre que tous les personnages
bibliques étaient noirs, même ceux qui n'ont jamais existés
!
Quant à la fête afrocentrique du "Kwanzaa",
c'est un savant mélange opéré en 1966 par Maulana Karenga
entre les fêtes juives de Shavouot et d'Hanouka (on emprunte
aux juifs la Menorah comme symbole).
En faisant des cadeaux aux enfants
à la fin du mois de décembre (date du kwanzaa), l'afrocentricité
ne fait que récupérer la vision sémito-centrique en
s'inspirant de la fête chrétienne de Noël !
Pour certains, Ludwig Van Beethoven
était noir, alors que nous savons que ses ancêtres avaient
des origines non pas négro-africaines à l'instar de
Pouchkine, mais flamandes et allemandes.
Après l'eurocentrisme qui a fait
tant de mal à l'humanité, voilà l'afrocentrisme qui en
rajoute une couche ! Vous comprenez mieux maintenant
pourquoi au dos de mon livre "Moïse l'Africain", je vous
indique : que j'opère une rupture
épistémologique non seulement avec la vision "Eurocentrique"
de l'histoire, mais aussi avec sa vision "Afrocentrique"
!
Un autre aspect de l'afrocentricité,
c'est que tout est bon pour se faire de l'argent (le rêve
américain) : manifestations culturelles, cours
d'égyptologie, ventes de livres, ventes d'objets évoquant
l'Afrique antique, organisation de voyage en Afrique,
etc..., au mépris de la Maât se cachant sous l'étiquette
kémite, d'où une grande corruption au sein de ce groupe...
Créolité
En 1989, par réaction au concept
grandissant de la négritude, d'autres noirs de la Martinique
: Patrick Chamoiseau, Raphaël Confiant et Jean Bernabé
publient un ouvrage "L'éloge de la créolité" donnant ainsi
ses lettres de noblesse au concept de "la créolité" qu'ils
définissent ainsi : "Nous ne sommes ni
africains, ni européens, mais créoles". Ce concept
fait l'éloge du "Métissage" non seulement comme notre
identité, mais aussi comme valeur suprême pour l'humanité,
mais en attendant, nous seuls cherchons à nous
métisser avec les premiers venus !
Pourtant, le mot "Créole" vient de
l'espagnol "criollo" et désigne à l'origine le blanc né dans
les colonies (le Béké de chez nous), comme quoi le ridicule
ne tue pas...
En 1991, Raphël Confiant sera
récompensé par le prix Novembre pour son roman "Eau de café"
pour ceux qui sont des Antilles, nous savons ce que cela
représente chez nous "Eau de café" en créole "Dlo café",
c'est le café coupé avec de l'eau, donc pas trop noir (il
fallait y penser). En 1992, Patrick Chamoiseau sera
récompensé à son tour (j'ai envie de dire pour service
rendu) par un prix Goncourt pour son roman "Texaco".
Toujours est-il que la créolité
pour un noir relève plus de la psychanalyse que du bon sens
: car, comment peut-on être noir de la tête au pied et se
dire créole, c'est-à-dire un blanc né dans les colonies ? A
certaines époques, on internait en hôpital psychiatrique
pour bien moins que ça !
Kamitude
C'est dans ce contexte et après
avoir étudié les problèmes posés par ces différents concepts
et leur inefficacité pour notre émancipation mentale, qu'en
1992 un noir de la Guadeloupe : Pierre Nillon alias
Akounaatona (donc moi-même), invente à son tour le concept
de " la kamitude "
qu'il définit ainsi : "La kamitude c'est le
rejet intelligent de la vision sémito-centrique source de
notre esclavage mental et le retour intelligent à notre
vision du monde (notre spiritualité) solution à notre
émancipation mentale".
Ainsi, être kamite ce n'est pas un
phénomène de mode consistant à se dire "
Noir " dans la langue de nos
ancêtres (l'habit ne fait pas le moine), mais beaucoup plus
que cela : c'est surtout et avant tout retrouver l'âme de
ces derniers afin de sauver la notre !
Tout d'abord, nous constatons que
les concepts de négritude et de kamitude ont en commun le
suffixe "itude" qui indique un mouvement, tandis que ceux
d'antillanité, d'afrocentricité et de créolité ont en commun
celui de "ité" qui indique un état ; la kamitude est avant
tout un mouvement d'élévation spirituelle et de sagesse,
contrairement aux autres.
Le concept de kamitude parle de
rejet intelligent et de retour intelligent, ce qui nous
amène à vous donner notre définition de l'intelligence à
savoir : Analyser une situation à son avantage et non à
celui de l'autre !
Le rejet intelligent de la
vision sémito-centrique :
La science, nous apprend que
l'homme est né en Afrique dans la région des Grands Lacs, et
non en Mésopotamie comme l'enseigne la tradition sémito-centrique
avec le mythe du jardin d'Eden "Genèse 2 : 7 à 14".
La science, nous apprend que cet
homme avait la peau noire (protection naturelle contre les
rayons ultra-violets du Soleil africain) et de ce fait sa
couleur n'est pas le résultat d'une malédiction comme
l'enseignent les commentaires rabbiniques de la malédiction
de Canaan fils de Cham "Genèse 9 : 22 à 27".
La science, nous apprend également
que les récits sémito-centriques (Création du monde, Déluge,
Esclavage en Egypte, Exode, Conquête de Canaan, ect...)
relèvent plus du fantasme que de la réalité historique.
Par ailleurs, nous constatons que
cette vision sémito-centrique s'est faite à notre détriment
puisque l'Histoire ne commence plus en Afrique mais en
Mésopotamie.
Dans cette vision, l'histoire de
l'Afrique se résume uniquement à un dictateur têtu nommé
pharaon, à un peuple pourchassant les nouveaux-nés pour les
tuer, à un pays esclavagiste, etc.., mais heureusement que
le Jésus aux longs cheveux blonds et aux yeux bleus est là
pour sauver tous ces noirs, lui qui n'a pas pu se sauver
lui-même...
Rien que ces raisons devraient
suffire à rejeter intelligemment la vision sémito-centrique,
c'est-à-dire : en étant ni juif, ni chrétien, ni musulman ;
lorsque l'on est un noir conscient.
En adhérant à cette vision, le noir
sera toute sa vie un "Bounty", c'est-à-dire : noir à
l'extérieur mais blanc à l'intérieur, et par conséquent la
risée de la planète !
Vous n'avez pas besoin de faire la
guerre aux leucodermes pour qu'ils abandonnent leur vision
sémito-centrique, qu'ils la gardent précieusement car elle
leur est profitable !
Par contre, en ce qui nous
concerne, nous avons notre propre vision du monde, héritée
de nos ancêtres kamites, et nous y tenons comme à la
prunelle de nos yeux, car elle nous est profitable !
Le retour intelligent à
notre vision du monde :
Une fois ce rejet intelligent
effectué (non pas dans la haine, mais dans le respect) nous
pouvons passer à l'étape suivante : le retour intelligent à
notre vision du monde, la fameuse "sagesse africaine" qui
puisent ses racines dans les 42
commandements de la Maât de nos ancêtres kamites.
Bien évidemment, ce retour
intelligent se doit de soumettre certaines de nos coutumes
et croyances ancestrales au verdict de la science, puis de
nous mêmes (sans contrainte extérieure) : prendre ce qui est
à prendre et laisser ce qui est à laisser comme par exemple
l'excision.
Nous entendons aussi par retour
intelligent : vivre avec son époque tout en gardant notre
identité, l'âme de nos ancêtres, car le kamite bien que
vivant dans ce monde possède sa propre vision du monde qui
répond parfaitement à ses interrogations !
En quoi le concept de la
kamitude est-il supérieur aux autres ? :
Il est supérieur aux autres, parce
qu'il est le seul permettant aux noirs par un long processus
de "kamitisation" de retrouver sa véritable identité, celle
que possédait ses ancêtres avant tout contact avec un
élément leucoderme !
Le concept de kamitude est
supérieur aux autres, car il est le seul permettant aux
noirs de voir le monde tel qu'il est et non pas tel que l'on
voudrait qu'ils le voient.
Il est supérieur aux autres, car
lui seul tient compte du travail psycho-religieux qui a été
fait sur les noirs afin de les déprogrammer et de les
reprogrammer pour servir et admirer les leucodermes !
Conclusion
Sachant que la kamitude est LA
solution aux problèmes des noirs, car il permet de rétablir
ce qui a été renversé, ceux qui ont le pouvoir ont
instrumentalisé certaines personnes afin de discréditer ce
mouvement spirituel.
En effet, à cause de
l'instrumentalisation de certains qui n'ont de kamite que le
nom, beaucoup sont dans la confusion et associent ce nom à
l'anti-sémitisme, à l'incitation à la haine raciale, au
racisme, etc...
Nous souhaitons que cet article
émanant du concepteur même de la kamitude, contribuera à
rétablir la Maât (Vérité, Equilibre, Justice) dans l'intérêt
de tous, car c'est là notre unique objectif.
Akounaatona alias Pierre
Nillon
04.07.07
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